L’archipel des îles de Mingan

L’archipel des îles de Mingan, sur la Côte-Nord, représente la plus grande concentration au Canada de monolithes créés par l’érosion. Situé à environ 230 km de la ville de Sept-Îles, l’archipel est constitué d’une trentaine d’îles calcaires dans sa partie occidentale, et de plus de 1000 îles, îlots et cayes plus à l’est, qui s’étendent sur une distance de 150 km.

C’est un lieu phare du tourisme nord-côtier, notamment en raison de la beauté singulière de ses structures géologiques, mais aussi pour la diversité de sa faune et de sa flore.

Malgré la faible superficie de ses îles et îlots, l’archipel de Mingan possède une végétation riche et variée. Environ 450 espèces de plantes, 190 espèces de lichens et quelque 300 espèces de mousses évoluent dans les différents habitats de la Minganie. Certaines sont endémiques, comme le chardon de Mingan, découvert en 1924 par le frère Marie-Victorin. Désigné espèce menacée par le gouvernement provincial, en raison de l’érosion que subit son habitat, le chardon a eu droit à un plan de rétablissement à partir de 2001 qui assure aujourd’hui sa sauvegarde.

Près de 200 espèces d’oiseaux vivent ou séjournent à l’abri des monolithes de l’archipel de Mingan. L’un des locataires les plus célèbres de l’archipel est sans aucun doute le macareux moine, un oiseau au plumage noir et à la figure bariolée de couleur, aussi connu sous le pseudonyme de « perroquet des mers ». Il existe une vingtaine de colonies de macareux moines dans le Golfe et l’île de la Maison, l’île à Calculot des Betchouanes et l’île aux Perroquets abritent trois d’entre elles. D’autres oiseaux comme l’eider à duvet, le goéland argenté, la sterne arctique, le guillemot noir, le bécasseau, le pluvier et le balbuzard, pour ne nommer que ceux-là, fréquentent aussi les îles de la Minganie, que ce soit pour s’y reproduire, y manger, y hiverner ou y faire un arrêt pendant leur migration.

Les échoueries de l’archipel sont également un lieu de rendez-vous pour trois espèces de pinnipèdes, dont le phoque gris, le phoque commun et le phoque du Groenland.

Le plancton et le poisson abondent dans les eaux du golfe du Saint-Laurent, dans lequel baigne l’archipel de Mingan, procurant ainsi un garde-manger bien garni pour les quelques espèces de cétacés qui fréquentent l’endroit. Il n’est pas rare de pouvoir y observer, à partir de la côte, de petits rorquals ou des marsouins. En se rendant au large, on court la chance d’être témoin des acrobaties des rorquals à bosse, croiser le chemin du rorqual bleu, plus grand mammifère du monde, ou encore du rorqual commun.

Formées en marge du Bouclier canadien il y a 450 millions d’années, les îles qui constituent l‘archipel de Mingan doivent leur existence à des dépôts de sédiments qui se sont accumulés au fil du temps pour devenir du calcaire, pierre caractéristique de l’archipel. Les roches sédimentaires de la Minganie recèlent par ailleurs un précieux trésor : plus de 200 espèces de fossiles témoignant de la faune qui a foulé ce territoire à la préhistoire. Des années durant, le vent, l’eau et la glace ont érodé et travaillé la pierre pour faire naître arches, grottes, falaises et monolithes aux contours étranges, emblèmes de la Minganie qui ont su inspirer nombre d’artistes et impressionner des milliers de visiteurs.

Selon des fouilles archéologiques effectuées sur le terrain, des groupes amérindiens ont occupé l’archipel il y a 2000 ans. Puis, à partir du 15e siècle, l’endroit est devenu un centre d’activités pour les Basques venus chasser les baleines et autres mammifères marins. Les vestiges d’un four utilisé à l’époque pour faire fondre la graisse de baleine sont d’ailleurs toujours visibles sur l’île Nue.

Vers le milieu du 19e siècle, des villages peuplés de Canadiens français, d’Acadiens et de Jerseyais sont implantés sur la côte. Bien que certains souhaitent de s’établir de façon permanente sur les îles de l’archipel, ces tentatives échouent. 

Aujourd’hui inhabitées, les îles de l’archipel de Mingan font partie de la Réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan. En raison des revendications territoriales des Innus, l’endroit n’a pas encore le statut de parc national pour le moment, d’où son nom.

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