Blanc-Sablon

La municipalité de Blanc-Sablon est située à l’extrémité est de la Basse-Côte-Nord et, par le fait même, du Québec, tout près de la frontière avec Terre-Neuve-et-Labrador. Trois villages dont Brador (136 habitants), Lourdes-de-Blanc-Sablon (750 habitants) et Blanc-Sablon (325 habitants), ainsi que quatre îles – du Bassin, aux Perroquets, au Bois et Greenly – font partie du territoire de la municipalité qui couvre une superficie d’environ 880 km2.

Les fouilles archéologiques entreprises sur le territoire ont démontré que les premières traces d’occupation humaine à Blanc-Sablon remontent à 9000 ans. Les Amérindiens furent les premiers à peupler l’endroit. Des Paléoesquimaux en provenance de l’Arctique (qui, malgré ce qu’on pourrait croire, ne sont pas les ancêtres des Inuits) sont venus profiter des ressources abondantes de Blanc-Sablon pendant un millénaire. Aux 16e et 17e siècles, des pêcheurs basques, bretons et portugais y séjournent, comme les eaux qui baignent les baies et la pointe de Blanc-Sablon regorgent de morues et de mammifères marins. Jacques Cartier mouille à Blanc-Sablon lors de son premier voyage en Amérique du Nord et y plante une croix en 1534.

Il existe à Blanc-Sablon 250 sites archéologiques qui sont fouillés depuis une centaine d’années. Ils ont notamment permis de mettre au jour le mode de vie des Amérindiens il y a quelques millénaires et témoignent des premiers contacts entre Européens et Autochtones par le biais d’artefacts basques et bretons retrouvés à travers les outils traditionnels amérindiens.

Une mission religieuse constituée de pêcheurs venus, entre autres, de Terre-Neuve, de l’Acadie, de la France et de l’Angleterre s’installe de façon permanente sur le territoire de Blanc-Sablon en 1858. D’abord appelée Longue-Pointe-de-Blanc-Sablon, elle prendra le nom de Lourdes-de-Blanc-Sablon dès 1907.

À l’époque, la principale activité économique est la pêche à la morue. L’effondrement des stocks de morues dans les années 80 et le moratoire de 1992 changera la donne pour les pêcheurs de la municipalité de Blanc-Sablon. Toujours importante aujourd’hui, la pêche commerciale est davantage diversifiée; on pêche maintenant des espèces comme le homard, les poissons de fond et la crevette nordique.

Si de nombreux commerces et services publics fournissent des emplois aux résidents de Blanc-Sablon, de Brador et de Lourdes-de-Blanc-Sablon, plusieurs personnes s’exilent toutefois pendant une partie de l’année dans l’ouest ou dans le nord du Canada pour gagner leur vie, notamment dans le secteur de la construction. Toutefois, la municipalité de Blanc-Sablon travaille à développer davantage l’écotourisme, la cueillette de petits fruits sauvages et la chasse dans le but de diversifier son économie.

Le centre de santé et de services sociaux de la Basse-Côte-Nord, situé à Lourdes-de-Blanc-Sablon, demeure le principal employeur de la municipalité avec près de 250 employés.

Beaucoup de Blanc-Sablonnais convergent par ailleurs vers Terre-Neuve pour y travailler pendant quelques mois. Sa proximité et l’efficacité des services fournis par cette province font en sorte que les habitants de l’extrémité est de la Basse-Côte-Nord se sentent davantage Terre-neuviens que Québécois. La majeure partie de leurs produits frais viennent de Terre-Neuve, les jeunes partent souvent étudier sur l’île plutôt qu’à Montréal, Québec ou Sherbrooke, sans compter que plusieurs des ancêtres des Blanc-Sablonnais étaient originaires de cette province. La langue anglaise, majoritaire dans la municipalité de Blanc-Sablon, n’est probablement pas étrangère à cette communauté d’esprit avec Terre-Neuve.

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