Les Cris

Avec près de 200 000 membres, les Cris sont la nation autochtone la plus importante du Canada. De l’Ouest canadien au Nord-du-Québec, en passant par l’Ontario, ils occupent un vaste territoire et sont divisés en trois groupes distincts : Cris des Plaines, les Cris des Bois et les Cris des Marais. Leur nom est un diminutif de l’appellation Kristineaux – elle-même dérivée de Kenistenoag, leur nom amérindien – une dénomination donnée à un groupe d’autochtones qui vivait dans les environs de la baie James par les explorateurs français au 17e siècle.

Au Québec, les Cris forment la troisième nation en importance après les Mohawks et les Innus, avec une population d’un peu plus de 17 000 personnes. Le territoire qu’ils habitent dans le Nord-du-Québec se nomme Eeyou-Itschee, ce qui signifie « notre territoire ». Ils vivent principalement à l’intérieur des terres, mais aussi le long des berges de la baie James et de la baie d’Hudson.

Ils se répartissent dans neuf villages distincts : Whapmagoostui (« Là où il y a des bélugas »), Chisasibi (« La grande rivière »), Wemindji (« Les montagnes peintes » ou « roches à peinture »), Eastmain (« Le territoire à l'est de la Baie-James »), Nemiscau (« Là où le poisson abonde »), Waskaganish (« La petite maison »), Mistissini (« La grosse roche »), Oujé-Bougoumou (« Lac traversé par une rivière ») et Waswanipi (« Lac où l'on pêche au flambeau » ou « reflets sur l'eau »).

La plupart d’entre eux parlent le cri, qui appartient à la grande famille des langues algonquiennes, et l’anglais comme langue seconde.

L’arrivée des Européens sur leur territoire, notamment à l’époque de la traite des fourrures, a durablement changé leur mode de vie. Ils furent initiés au troc, à l’argent ainsi qu’à la religion chrétienne. Les armes et des denrées comme la farine leur furent bientôt indispensables.

Autrefois nomades, les Cris se sont de plus en plus sédentarisés au contact des Blancs, notamment en raison des politiques d’assimilation – comme les pensionnats – élaborées par le gouvernement fédéral dès la fin du 19e siècle, entreprise qui a causé des torts importants aux Cris comme à plusieurs autres membres des Premières nations.

Au 20e siècle, les Cris voient leur territoire de plus en plus convoité par le gouvernement du Québec pour ses richesses naturelles, dont son fort potentiel hydroélectrique. En 1971, le colossal projet de la baie James, qui engendre la construction de huit centrales hydroélectriques, soulève la controverse chez les Cris, ceux-ci n’ayant pas été informés des intentions du gouvernement Bourassa. Leur bataille pour faire entendre leurs droits mènera à la Convention de la baie James et du Nord québécois, signée en 1975.

Aujourd’hui, les Cris du Québec bénéficient d’une plus grande autonomie sur leur territoire, obtenue grâce à leurs nombreux efforts de négociations ayant conduit à des accords et des ententes entre les gouvernements fédéral et provincial et leur nation.

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