Les Cris et la modernité

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, le mode de vie des Cris demeure à peu près intact. Cependant, la situation change dès les années 50, décennie où les autorités fédérales obligent tous les autochtones à aller à l’école. Les jeunes Cris doivent s’exiler dans des pensionnats pendant onze mois, où on ne leur permet pas de parler leur langue et où on fait fi de leurs traditions. Le commerce des fourrures connaît un déclin, puis les maisons permanentes font leur apparition; les Cris se sédentarisent. Le passage d’une économie de subsistance à une économie mixte se réalise difficilement. C’est dans les journaux, en 1971, que les Cris de la baie James apprennent l’intention du gouvernement de Robert Bourassa d’entreprendre la construction de plusieurs barrages hydroélectriques sur leur territoire. Les Cris unissent leurs forces et entreprennent une bataille juridique et des négociations pour leurs droits. À l’issue de cette lutte qui aura duré quatre ans, la Convention de la Baie-James et du Nord québécois est signée par les Cris, les Inuits et les deux gouvernements le 11 novembre 1975. Grâce à cette entente, ils acquièrent des droits exclusifs sur un territoire de 70 000 km2, notamment en matière de chasse et de pêche, et obtiennent également une plus grande autonomie gouvernementale, entre autres sur les plans de l’éducation, de la santé et des services sociaux. Entre temps, le Grand Conseil des Cris du Québec, une organisation politique qui représente la nation crie au pays et à l’échelle internationale, aura vu le jour en 1974. 

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