Eau

Faisant partie intégrante de la culture québécoise, l’eau est un élément omniprésent dans le Nord-du-Québec. On y trouve plus de 500 000 lacs, quelque mille rivières, de nombreux ruisseaux et plusieurs bassins versants. C’est 75 % de l’hydroélectricité québécoise qui est d’ailleurs produite dans la région du Nord-du-Québec. L’eau couvre environ 860 kilomètres carrés de ce territoire nordique. Il s'agit majoritairement d'étendues d'eau douce, bordées par des milliers de kilomètres de littoraux.

On appelle « bassins versants » les réservoirs naturels ou les vastes nappes aquatiques, comme la baie d’Hudson, la baie d’Ungava ou le golfe du Saint-Laurent, où s’accumulent les précipitations et les écoulements d’eau venus d’un ruisseau ou d’un lac. Le réseau hydrographique du Nord, avec des rivières comme la Manicouagan, la Moisie, la Betsiamites et la Romaine qui disposent de bassins versants s'étendant sur plus de 10 000 kilomètres carrés, alimente la grande majorité des étendues d’eau du Québec.

Toujours sur la Côte-Nord, on rencontre de nombreux lacs de diverses superficies. Au fil du temps, les hommes leur ont trouvé différents usages : certains servent de réservoirs d’eau potable ou de voies d’évacuation, d’autres sont utilisés pour la pêche ou comme zone d’amerrissage. Parmi les plus spectaculaires, on note le lac Mistassini, qui offre plus de 2 200 kilomètres carrés d’eau douce, le lac Albanel, reconnu pour ses poissons qui peuvent atteindre une taille record, et le lac Assinica, où foisonne l’omble de fontaine. Plusieurs témoignent de la longue existence de ce territoire, dont le lac à l’Eau Claire, troisième en superficie dans le territoire québécois, qui est né de l'impact d’une météorite tombée il y a plusieurs millions d'années. Les rivières au plus fort débit sont, quant à elles, utilisées pour produire de l'hydroélectricité. 

De tout temps, les peuples inuit et cri ont utilisé ces vastes plans d’eau comme voies d’accès pour naviguer jusqu’aux régions riches en poisson ou en gibier, une tâche facilitée grâce à leur excellente connaissance des marées, particulièrement dans la baie d’Ungava, où l’on rencontre des marées extrêmes. Par ailleurs, dans certains villages inuits, on pratique encore des activités de chasse et de pêche communautaires pour subvenir aux besoins alimentaires des habitants. Les prises sont dépecées, filetées et placées dans un grand congélateur accessible à la communauté. Les pêcheurs reçoivent un salaire selon leur contribution ainsi qu'une réduction sur l’équipement.

Entre le Saguenay et le Labrador, au nord du Saint-Laurent, on trouve une zone attrayante pour la pêche sportive. On y compte une douzaine de zones d’exploitation contrôlées (zecs). Les activités liées à la pêche sportive du saumon de l’Atlantique sont les plus lucratives, tandis que l’omble de fontaine est l'espèce préférée dans les pourvoiries nord-côtières. Un ensemble de lois et de règlements régissent d’ailleurs les pratiques liées à l’eau en vue d’une conservation optimale de la ressource. De plus, puisqu’il est nécessaire de construire des routes et des voies d'accès pour atteindre les zones de pêche, certaines mesures ont été prises pour éviter la détérioration de l'environnement. Toute cette législation a pour but de protéger les frayères et les habitats naturels de la faune.

Chez les Inuits du Nunavik, les déplacements en canot ou en kayak ont été graduellement remplacés en raison de l'apparition des embarcations motorisées, même si les excursions fluviales dites « traditionnelles » sont des attraits touristiques importants. L’été, il est possible, à partir des ports ou des marinas des villages riverains — éléments typiques des paysages de la Côte-Nord et du Nunavik où la population est étalée le long des côtes — de faire de la navigation de plaisance en rabaska, un canot d’écorce de grande dimension que les Premières Nations utilisaient. Durant la longue et rigoureuse saison hivernale, la surface des rivières et des lacs gèle. Ces immenses étendues de glace permettent alors de se déplacer en traîneaux attelés à des chiens ou encore en motoneige. Alors que les Inuits longent les côtes, les Cris préfèrent généralement voyager à l’intérieur des terres par les rivières et les lacs.

Les froids intenses et le pergélisol rendent toutefois difficile l’alimentation des villages en eau potable. Le pergélisol ne permet pas l’enfouissement de tuyaux, c’est pourquoi chaque habitation dispose d’un réservoir approvisionné par un camion-citerne. L’eau de surface doit d’abord être traitée pour en assurer la qualité avant d’être distribuée. Les eaux usées repartent, de la même manière, d’un réservoir domestique vers des bassins d’assainissement.

Finalement, les immenses rivières et les réserves d’eau du Nord-du-Québec constituent une ressource énergétique d’importance pour le Québec. On y produit de l’énergie hydroélectrique et hydrolienne, cette dernière étant créée par les courants marins qui actionnent des turbines et transforment l’énergie mécanique du mouvement en énergie électrique. Alors que l’industrie de l’hydroélectricité est très bien organisée au Québec, l’industrie hydrolienne est tout juste sur le point de se développer. De telles avancées technologiques pourraient d'ailleurs permettre aux villages inuits de cette région de devenir autonomes sur le plan énergétique et d’éviter d'avoir recours au diesel, une énergie très polluante, mais actuellement largement employée.

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