Forêt boréale

La forêt boréale, âgée de moins de dix mille ans, tient son nom du latin borealis qui signifie « du Nord ». Située entre les 48e et 58e degrés de latitude nord, la forêt boréale se constitue d’un large bouclier de conifères d’une superficie de 761 000 kilomètres carrés, soit la moitié de la superficie du Québec. L’épinette noire est l’espèce la plus répandue de cette étendue d’arbres.

Dans sa partie la plus septentrionale, la forêt boréale étend ses limites jusqu’à la toundra, sur le territoire du Nunavik. À cette latitude, les arbres se font rares et dépassent rarement les cinq mètres. Les essences d’arbres de la zone nordique, constituant 75 % de la forêt boréale, sont majoritairement des résineux comme le pin gris, le sapin baumier, l’épinette blanche et le mélèze laricin, bien que l’on trouve aussi deux sortes de peupliers et quelques autres feuillus. Historiquement, on remarque l’utilisation de la résine des conifères, sorte de sécrétion issue de la cicatrisation des arbres, dans la pharmacie traditionnelle. Les peuples autochtones et les Canadiens français l’ont utilisée en guise de baume pour soigner les brûlures, le scorbut et pour désinfecter des plaies. Les aiguilles des conifères sont également employées dans la cuisine traditionnelle autochtone pour parfumer les venaisons et les sauvagines. Elles peuvent même remplacer le romarin dans plusieurs préparations.

Représentant 25 % de la forêt boréale, la zone sud, quant à elle, comporte en grande partie des feuillus tels l’érable, l’érable à sucre, le bouleau à papier, le peuplier faux-tremble, le chêne et le tilleul.

Au centre de la forêt boréale, on observe une riche diversité végétale. En plus de la présence marquée de résineux, on note des pessières à mousses et à lichens de même que plus de 850 plantes sauvages : bleuets, sorbiers et thé du Labrador, pour ne nommer que celles-là. En outre, de nombreux champignons poussent dans les sous-bois humides, nourris par la matière organique abondante constituée principalement d’aiguilles d’épinettes et de troncs d’arbres.

Une faune variée a élu domicile dans la forêt boréale, dont une trentaine de mammifères comme le castor, le renard roux, le vison, le coyote, le caribou, l’orignal, l’ours noir, le rat musqué, le lièvre et la souris sylvestre. Plus de 150 espèces d’oiseaux y nichent, dont le grand pic, la chouette lapone, quelques variétés de faucons, des hiboux et des canards. La forêt boréale est également le refuge d’une dizaine de milliers d’insectes et d’araignées.

Il arrive, à l’occasion, que des feux ou des épidémies ravagent de grandes superficies de forêt. Ce sont, bien souvent, des fléaux inévitables et dévastateurs, mais ils servent aussi à équilibrer les habitats et les espèces en perturbant les peuplements animaliers les plus faibles. Ces catastrophes jouent un rôle à l’intérieur de la nature.

Toutefois, les compagnies forestières, axées sur la rentabilité, menacent, par des coupes agressives, la fragilité de ces écosystèmes. Des aménagements responsables des zones de coupe représentent une solution afin de mettre en place une gestion durable et de préserver la forêt boréale. Ce vaste territoire forestier donne de l’emploi à plus de 40 000 personnes, rien que dans le nord de la province, entre autres dans les domaines de l’exploitation forestière, de l’ingénierie, des première, deuxième et troisième transformations, ainsi que dans les pâtes et papiers. C’est pourquoi la régénération de la forêt boréale, au cœur des préoccupations du peuple autochtone attaché à ses terres ancestrales, est un enjeu écologique et économique majeur.

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