Fosse du Labrador

L’utilisation du fer remonte à plus de cinq millénaires. Actuellement, il est utilisé environ vingt fois plus que tous les autres métaux les plus exploités mis ensemble. Entrant principalement dans la composition de l'acier, il sert également à la fabrication de moteurs, de machines, de camions, de trains, de ponts ainsi que d'objets plus modestes comme des aiguilles ou des trombones. Il entre aussi dans la composition de produits comme la peinture, les suppléments vitaminiques, l’encre ou le maquillage. Au Québec, on trouve d'énormes quantités de minerai de fer près de Labrador City, dans une zone qu'on appelle la fosse du Labrador.

La fosse du Labrador, une large bande géologique formée il y a environ deux milliards d'années, est constituée de pierres volcaniques et de roches sédimentaires. S'étendant sur près de 1 200 kilomètres et pouvant mesurer jusqu'à 100 kilomètres de large à certains endroits, elle commence dans le réservoir de la Manicouagan, longe le Labrador et se prolonge jusqu’à la baie d’Ungava, en passant par les villes de Labrador City et de Schefferville. 

Le minerai présent dans la fosse du Labrador représente une véritable richesse pour le Québec. On y trouve d'importants gisements de cuivre et de nickel, mais on reconnaît surtout la fosse pour sa richesse en fer. En effet, cette couche ferreuse, formée à partir de très anciennes roches volcaniques, mesure entre 100 et 300 mètres d'épaisseur selon l'endroit. Sa formation remonte à plus de 2,4 milliards d'années, très longtemps avant l'apparition du premier homme sur Terre. Plusieurs autres pays du monde possèdent également de riches réserves de fer dans leur sous-sol, dont l'Australie, le Brésil et la Chine.

L'histoire de la découverte de la fosse du Labrador est sujette à controverse. D’après Thomas Clark, géologue émérite, elle dépend du contexte et du point de vue. On sait que la côte est du Canada a été visitée par les Vikings il y a très longtemps. Giovanni Caboto — mieux connu sous le nom de Jean Cabot — a peut-être, lui aussi, vu la côte du Labrador à la fin du 15e siècle, avant même qu'elle soit explorée par des gens comme Jacques Cartier, Jean Bourdon et Louis Jolliet au cours des 16e et 17e siècles. 

Toutefois, l'exploration de l’intérieur du territoire a eu lieu bien plus tard : la Compagnie de la Baie d’Hudson y a établi une série de postes de traite au sud de Fort-Chimo (Kuujjuaq), au 19e siècle. À cette époque, la région de la fosse du Labrador est parcourue par de nombreux explorateurs pour le compte de cette ancienne compagnie commerciale.

Ce n'est qu'en 1854, soit tout près de 900 ans après le passage des Vikings, que l'on découvrira lentement le potentiel souterrain du Nouveau-Québec. Le père Louis Babel, alors oblat suisse, est envoyé sur la Côte-Nord afin d'évangéliser les Montagnais de l'endroit. Passionné de géologie, il est le premier à répertorier du minerai de fer dans la fosse du Labrador, mais ses écrits passent inaperçus à l'époque. En 1892, un géologue du nom d'Albert Peter Low a la tâche d'explorer la région pour la Commission géologique du Canada. À cette époque, il n'existe encore aucune carte géographique sur le Nouveau-Québec. Low se sert des écrits du père Babel comme point de départ.

Il faut attendre 1937 pour que l’exploitation de cette ressource connaisse un véritable essor. L’extraction de fer participera de façon importante à la création et à la vitalité de plusieurs villes et villages du Nord, notamment Schefferville, Gagnon, Wabush et Labrador City. Elle est aussi à l’origine des chemins de fer qui se sont déployés pour faciliter le transport du minerai vers les ports côtiers comme Sept-Îles.

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