Havre-Saint-Pierre

Havre-Saint-Pierre est une municipalité portuaire de 3 780 kilomètres carrés et habitée par 3 500 personnes, située sur la Côte-Nord, le long du golfe du Saint-Laurent. Son nom lui vient en partie de sa particularité géographique (havre) et de saint Pierre, le patron des pêcheurs. En effet,  le 29 juin 1857, le père Charles Arnaud y a dit la première messe du village, le jour de la fête de saint Pierre.

Face à Havre-Saint-Pierre, on retrouve l’Archipel-de-Mingan, un groupe d’îles prisé des touristes. Bien que ces îles et îlots soient aujourd'hui inhabités, des groupes d’Amérindiens y cueillaient déjà des mollusques il y a 2000 ans. Ensuite, aux 15e et 16e siècles, les Basques venaient y chasser le phoque et, enfin, sous le régime britannique, Montagnais, Français et Anglais s’y donnaient rendez-vous pour la traite des fourrures.

En 1857, six grandes familles d’origine acadienne fondent Havre-Saint-Pierre. Venues des Îles-de-la-Madeleine, ces familles, d’abord exilées vers la Géorgie lors du Grand Dérangement puis échouées aux Iles-de-la-Madeleine, sont venues s’installer à 25 kilomètres de l’emplacement actuel de Havre-Saint-Pierre, à la Pointe-aux-Esquimaux, anciennement fréquentée par des Inuits au 17e siècle. Les Acadiens s’y établissent, conquis par cette oasis de paix au cœur d’un paysage sans cesse renouvelé. Leur accent chantant se reconnaît d’ailleurs encore chez les natifs du havre. Le poète Roland Jomphe, véritable voix du peuple acadien de Havre-Saint-Pierre, chantera d’ailleurs les beautés naturelles qu’il contemple. Aussi, Placide Vigneau, capitaine de goélette, gardien du phare de l’île aux Perroquets et écrivain, racontera des pages de l’histoire acadienne dans son Histoire ou Journal de la Pointe aux Esquimaux, autour de 1890.

Localisé à proximité de l’île d’Anticosti et bordé par le golfe du Saint-Laurent, Havre-Saint-Pierre, dont les plages sablonneuses font la renommée, jouit d’un cadre naturel enviable sur la Côte-Nord. La petite ville, située à environ 225 kilomètres de Sept-Îles, est accessible par avion, par bateau ou par la route 138, dont elle a marqué longtemps la fin. La proximité de la réserve du parc national du Canada de l’Archipel-de-Mingan constitue un atout majeur pour la région en raison des sculptures naturelles et originales créées par l’eau et le vent au fil des années. La trentaine d’îles calcaires et plus de 1 000 îlots de granit offrent une vue saisissante.

Lors d’excursions en mer, on peut observer le déplacement des petits rorquals, des rorquals bleus, des rorquals à bosse, des phoques, des marsouins et des dauphins, attirés par le krill. La route des baleines se prolonge jusqu’à l’île d’Anticosti et même au-delà, car certains de ces mammifères marins se nourrissent de capelans, qui « roulent » abondamment sur les berges du Golfe.  

Située dans l’ancien magasin général, la maison de la culture Roland-Jomphe propose une exposition permanente qui relate l’histoire de l’endroit, de 1857 à aujourd’hui. Il y a aussi, près de la marina de Havre-Saint-Pierre, des artisans de bijoux et des peintres qui s’installent près du quai, aux abords de la mer, en période estivale.

Les touristes peuvent camper, dormir dans des gîtes du passant ou dans des hôtels. Les spécialités gastronomiques de la place sont cuisinées à partir de produits locaux, tels le crabe des neiges, la morue, les pétoncles, le homard, le flétan, le sébaste, le hareng, les bleuets, l’airelle vigne d’Ida et la chicoutai. Plusieurs touristes apprécient les séjours en pourvoirie pour chasser et pour pêcher à la mouche des espèces telles que la ouananiche, la truite mouchetée, l’omble de fontaine et l’omble chevalier. De nombreuses activités incitent aussi les visiteurs à profiter de ces paysages uniques : vélo, ski de fond, motoneige, pêche sur glace, kayak, plongée et chasse au caribou sont des atouts non négligeables pour apprécier Havre-Saint-Pierre en  toute saison.

De plus, la municipalité bénéficie d’une vitalité économique enviable liée aux activités entourant le chantier du barrage hydroélectrique de la rivière La Romaine, qui crée un achalandage de 1 500 travailleurs, à 50 kilomètres de la pointe de sable de Havre-Saint-Pierre.  Outre les activités reliées à la construction du barrage, Havre-Saint-Pierre profite aussi du développement minier du Nord. L'arrivée de ces nombreux travailleurs cause une rareté de logements, ce qui contribue à hausser le coût de la vie.

Le défi, pour l’avenir de Havre-Saint-Pierre, est d’amener ce développement économique vers la durabilité.

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