Innus

Anciennement connus sous le nom de Montagnais (peuple des montagnes), les Innus, dont le nom signifie « les humains véritables » dans la langue innu-aimun, sont un peuple des Premières Nations; ils sont répartis sur la Côte-Nord, au Québec, mais aussi au Labrador. Avec une population de près de 17 500 personnes, ils forment la seconde nation en importance après les Mohawks au Québec.

Ils appellent le territoire qu’ils occupent — et qu’ils parcouraient quand ils étaient nomades — Nitassinan, ce qui signifie « notre patrie » ou « notre terre ». Leur territoire traditionnel couvre une vaste superficie dont les limites s’étendent du lac Saint-Jean à l’embouchure de la rivière Saguenay, à l’ouest, au détroit de Belle-Isle et à la côte du Labrador, à l’est, jusqu’à la baie d’Ungava, au nord.

La majeure partie des Innus du Québec vivent dans neuf réserves, dont huit sont situées sur la Côte-Nord, soit Pessamit (« lieu où il y a des sangsues ou des lamproies ou anguilles de mer »), Essipit (« rivière aux coquillages »), La Romaine (désignation française dérivée du mot ulaman, qui signifie « ocre rouge »), Matimekosh–Lac-John (« petite truite »), Mingan (Ekuanitshu, pour les Innus), Natashquan (« là où l'on a pris l'ours noir »), Pakuashipi et Uashat-Maliotenam. La seule communauté à l’extérieur de cette région est celle de Mashteuiatsh (« là où il y a une pointe »), localisée sur la rive ouest du lac Saint-Jean, dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les deux communautés innues de Terre-Neuve-et-Labrador sont Sheshatsiu et Natuashish.

L’innu-aimun est la langue parlée par la plupart des Innus, bien que chacune des communautés ait son propre dialecte. Les membres de la communauté de Mashteuiatsh — les Pekuakamilnuatsh —, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, se distinguent toutefois de leurs compatriotes et parlent le nehlueun. Cependant, seule une infime partie des habitants de Mashteuiatsh parlent encore le nehlueun. À l’instar de plusieurs autres langues autochtones, l’innu-aimun et le nehlueun ont subi un net recul, le français (ou l’anglais) gagnant toujours plus de terrain chez les Premières Nations. Des organismes veillent cependant à la sauvegarde de ces langues, dont l’Institut Tshakapesh — un organisme à but non lucratif —, sur la Côte-Nord, et la Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, par l’entremise de cours et d’outils d’apprentissage. La langue seconde des Innus au Québec est le français.

Le mode de vie traditionnel de la nation innue se modifie profondément au contact des Européens, à l’époque de la traite des fourrures. À partir du 18e siècle, époque à laquelle des comptoirs de traite sont établis un peu partout dans la province, les Innus abandonnent graduellement la chasse au caribou au profit du piégeage d’animaux à fourrure. 

Au 20e siècle, les Innus voient leur accès à des kilomètres de leur territoire traditionnel réduit pour répondre aux besoins de plus en plus importants des industries forestière et minière, sans compter les projets hydroélectriques.

De nos jours, les membres de la nation innue doivent faire face à leur lot de problèmes sociaux, mais leur regard est résolument tourné vers l’avenir. Leurs solutions pour continuer à avancer en conservant leur identité? Accorder une place importante à l’éducation et à l’emploi, tout en veillant à transmettre leurs traditions de génération en génération. Pouvoir profiter des retombées des diverses exploitations sur leur territoire et parvenir à l’autonomie gouvernementale sont parmi leurs principaux objectifs.

Autre contenu du même type :
Premiers occupants Documents
En savoir plus