Les Innus et la modernité

Le 30 août 1851, dans une tentative d’assimilation, le gouvernement réserve des milliers d’acres un peu partout au Québec et déclare aux Premières nations qu’il s’agit dorénavant de leurs terres et qu’ils ne sont plus chez eux ailleurs. On souhaite ainsi les garder à l’écart des fermiers, bûcherons et commerçants, qui risquent d’avoir une mauvaise influence sur eux, avec leur consommation d’alcool, les sacres qui colorent leur langage et leur propension à faire la fête. C’est ainsi que sont entre autres créées les réserves de Mashteuiatsh, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, d’Essipit (Les Escoumins) et de Pessamit (Betsiamites) sur la Côte-Nord. Les Innus vivant plus à l’est échappent pour l’instant à ces mesures et continuent à chasser, trapper et pêcher.

Au fil du temps, les Blancs s’installent graduellement sur la Côte-Nord. Puis, au cours du 20e siècle, les Innus sont forcés de se sédentariser pour faire place à l’industrie forestière, l’exploitation minière et les projets hydroélectriques. Bientôt, l’école devient obligatoire. De nombreux enfants sont envoyés dans des pensionnats amérindiens, loin de leurs familles, oubliant peu à peu comment pratiquer les activités traditionnelles qui caractérisent leur nation. À la fin des années 50, tous les Innus, excepté un petit groupe de Saint-Augustin, ont bien involontairement troqué le nomadisme pour une vie sédentaire dans des réserves, avec les conséquences que l’on connaît. Les problèmes sociaux ne les empêchent toutefois pas de se battre pour défendre leurs intérêts. Depuis 1980, la nation innue négocie avec les gouvernements du Québec et du Canada en vue de la reconnaissance de leurs droits ancestraux et territoriaux ainsi que du droit à l’autonomie gouvernementale. 

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