Éducation

Pendant des milliers d’années, les Inuits ont éduqué leurs enfants de façon traditionnelle : observation et pratique, socialisation en famille et en groupes, enseignement des traditions orales et participation aux cérémonies tribales. Les valeurs, les compétences et les connaissances jugées nécessaires à la vie d’adulte étaient ainsi transmises.

Après la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement fédéral découvre le fort potentiel économique des richesses naturelles du Nord et désire intégrer les Inuits à la société canadienne en améliorant leurs conditions de vie et en leur offrant une éducation et une formation professionnelle. Ainsi, ils auraient l’occasion de devenir des « Canadiens à parts égales ». Le système scolaire de l’Ontario et l’usage exclusif de l’anglais sont instaurés dans les communautés. La présence à l’école devient obligatoire et elle est un facteur déterminant pour l’accès aux allocations familiales et aux prestations d’aide sociale. Ce nouveau système, universel et gratuit, exclut cependant les Inuits du processus d’élaboration de programmes et de politiques en matière d’éducation.

En 1963, un projet de loi (Loi 60) est déposé par le gouvernement du Québec, entraînant la création d’un ministère de l’Éducation et la gérance des écoles du Nord par l’État. C’est l’époque de la Révolution tranquille et de la modernisation du système éducatif à travers la province. En découle d’importantes innovations comme la création de comités de parents, la reconnaissance des Inuits en tant qu’enseignants, l’embauche des premiers conseillers pédagogiques, les premiers programmes d’enseignement des habiletés inuites traditionnelles, les cours aux adultes et la création du projet FranNord (visant l’enseignement du français aux élèves inuits). Avec la signature de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, en 1975, la Commission scolaire Kativik est créée pour servir la population des communautés autochtones du Nouveau-Québec.

Malgré cela, le système d’éducation à l’européenne bouleverse complètement les repères sociaux et la transmission des traditions des Inuits. Partagés entre le désir de vivre de façon traditionnelle et l’envie de se moderniser, les jeunes autochtones sont nombreux à décrocher précocement du système scolaire. En effet, 75 % d’entre eux ne terminent pas leurs études secondaires, et ceux qui y parviennent découvrent que leurs compétences et leurs connaissances sont grandement inférieures aux diplômés non autochtones. Les faibles résultats scolaires et le manque de travail qui s’ensuivent entraînent des répercussions sociales lourdes, notamment le chômage, la délinquance, la pauvreté, la toxicomanie et la maladie. Bien sûr, certains jeunes persévèrent et s’expatrient dans le sud du Québec pour poursuivre des études postsecondaires, mais malheureusement, plusieurs souffrent de l’éloignement et retournent vers leur terre natale avant l’obtention d’un diplôme.

Toutefois, depuis 2002, une nouvelle entente (Entente Sanarrutik) a été signée entre la Société Makivik, l’Administration régionale Kativik et le gouvernement du Québec. Cette entente soutient de nouveaux projets de développement en matière d'éducation, tout en tenant compte des réalités actuelles vécues par les communautés inuites. Est ainsi né le célèbre programme de hockey pour les jeunes, promu dans plusieurs villages de la région. Une multitude d’autres initiatives ont vu le jour, notamment un programme de gestion de la colère et de la violence pour les hommes, un programme visant l’enseignement par les sages des techniques de survie en milieu arctique et un programme de soutien aux toxicomanes ou aux alcooliques, pour ne nommer que ceux-là.

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