Histoire des Inuits

Il y a environ mille ans, les Thuléens, ancêtres des Inuits, arrivent de l’Alaska pour s’installer graduellement dans le nord-est du continent américain. Les Thuléens se distinguent des peuples nordiques qui les ont précédés (soit les Paléoesquimaux, les Prédorsétiens et les Dorsétiens) en fabriquant des outils plus élaborés, comme des lames de couteau (savituinnaq), des lames en demi-lune (ulu, utilisé par les femmes) ou des pointes de harpons, à partir de schiste ou de pierres plus dures. Ils ont inventé l’igloo et se déplacent en traîneaux à chiens ou à bord de kayaks et d’umiaks (une grande embarcation pouvant accueillir plusieurs passagers), des moyens de transport utiles pour chasser la baleine. Plusieurs facteurs font en sorte que la culture thuléenne s’est graduellement transformée pour devenir la culture inuite vers le 17e siècle. Par exemple, la « petite ère glaciaire », survenue entre le 16e et le milieu du 19e siècle, force les Thuléens à troquer leur mode de vie relativement sédentaire pour devenir nomades et ainsi suivre le déplacement du gibier dont ils se nourrissent. 

Étant nomades, les Inuits exploitent avec beaucoup d’ingéniosité le désert de glace. Leurs premiers contacts avec des explorateurs européens se font à partir de 1570. Martin Frobisher, grand explorateur anglais, est le premier à vouloir tisser un lien basé sur l’échange et le commerce avec les Inuits. Cependant, ceux-ci font peu de cas de ces « Blancs » et persistent à vivre de façon traditionnelle. Ce n’est qu’au 19e siècle que le commerce des fourrures s’intensifie et marque un tournant décisif dans le mode de vie des Inuits. 

La Compagnie de la Baie d’Hudson est déjà installée depuis longtemps chez les Cris lorsqu’elle ouvre sur la baie d’Hudson, en 1830, un premier poste de traite à Fort-Chimo (Kuujjuaq) et un autre à Kuujjuarapik. Graduellement, les Inuits abandonnent les armes de chasse traditionnelles pour les fusils et utilisent de plus en plus les produits troqués à la Compagnie contre des fourrures. À cette époque, les seuls « Blancs » que les Inuits fréquentent sont les commerçants de la baie d’Hudson et les missionnaires anglicans qui leur apportent, en même temps que la religion, l’écriture syllabique. 

Les répercussions de la crise économique de 1929 se révèlent lourdes dans le Nord québécois et entraînent une chute dramatique de 90 % du prix des fourrures. Les autochtones en subissent les répercussions, et la famine s’installe au sein des communautés. Le gouvernement fédéral intervient et distribue de la nourriture, des vêtements et des médicaments à plus de 2 000 Inuits du Nouveau-Québec. Plus tard, pendant la Deuxième Guerre mondiale, le Territoire du Nord subit une transformation majeure. Les Alliés organisent un pont aérien qui traverse le Canada, le Groenland, l’Islande et la Grande-Bretagne. Plusieurs constructions en lien avec la guerre apparaissent : aéroports, stations météorologiques, bases de radar, stations de radio, etc. 

Après la guerre, la situation des Inuits est dramatique. Plusieurs postes de traite sont surpeuplés, la fourrure ne vaut presque plus rien et les produits de la chasse ne suffisent plus à nourrir la communauté. Au moment de la guerre froide, le Canada décide d’établir sa souveraineté au nord et crée, en 1953, le ministère du Nord canadien et des Richesses naturelles. Il envoie alors, partout où se trouve un poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson, des infirmières, des administrateurs et des policiers. Les Inuits sont invités à déménager près de ces postes qui, lentement, deviennent des villages permanents avec écoles, maisons de bois, bâtiments administratifs, églises, etc. Cette nouvelle réalité oblige les autochtones à s’adapter, en très peu de temps, à des siècles d’évolution technologique.

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