Histoire des Naskapis

Les Naskapis font parler d’eux pour la première fois en 1643 par le jésuite André Richard, qui les identifie comme l'une des petites nations vivant au nord de Tadoussac. Surnommés « Indiens du caribou », ils sont alors un peuple nomade d’environ 1 500 individus. La chasse au caribou constitue leur principale activité de subsistance. Ils se déplacent donc au gré des migrations des troupeaux de caribous, couvrant un large territoire au sud de la baie d’Ungava. 

En 1838, la Compagnie de la Baie d’Hudson ouvre deux postes de traite au cœur du territoire de chasse des Naskapis : l’un à Fort-Nascopie, dans la région de Schefferville, et le second à Northwest River, au Labrador. Peu à peu, les autochtones délaissent la chasse au caribou pour s’adonner au trappage d’animaux à fourrure et se trouvent bientôt tributaires des produits vendus dans les postes de traite (farine, pièges, cartouches, carabines, etc.) et du système de crédit consenti par la compagnie. Au fil des ans, les Naskapis se déplacent selon la fermeture et l’ouverture des postes de traite. Après la Deuxième Guerre mondiale, le caribou ayant presque disparu, la famine sévit au sein de la communauté. En 1949, le gouvernement fédéral se voit contraint de leur distribuer des rations alimentaires, mais la nostalgie de l’indépendance pousse les Naskapis à repartir vers le sud dans le but de recommencer à vivre comme leurs ancêtres. Malheureusement, la tuberculose les décime et ils doivent revenir, contre leur gré, à Kuujjuaq, où la Compagnie de la Baie d’Hudson centralise désormais toutes ses opérations. De longues et pénibles années passent lentement.

En 1956, les Naskapis traversent à pied 640 kilomètres de toundra pour se rendre à Schefferville, la toute nouvelle ville minière au sud de leur territoire. À une centaine de kilomètres du point d’arrivée, malades et à bout de force, les Naskapis capitulent. Une opération de sauvetage est organisée pour les transporter jusqu’à Schefferville. Les 22 années qui suivent ne s’avèrent pas plus faciles : taudis en guise de maison, absence d’eau courante, de toilette et de douche, pas de travail, ni école ni médecin. Misère et pauvreté sont leur lot pour encore de longues années.

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