Pointe Louis-XIV

La pointe Louis‑XIV, appelée Cape Jones jusqu’en 1961, est une longue pointe rocheuse qui s’avance dans la mer, marquant la limite sud de la baie d’Hudson. C’est un paysage sans arbres, composé de cailloux et de lichens balayés par le vent du nord. Fréquentée par les Cris et les Inuits, la pointe Louis‑XIV est un terrain idéal pour la chasse à l’oie et elle constitue également un habitat privilégié pour l’ours polaire.

Tristement, la pointe Louis‑XIV s’est transformée en véritable dépotoir depuis le démantèlement de la Mid-Canada Line. Au début des années 60, pendant la guerre froide, la Défense nationale du Canada, en collaboration avec l’armée américaine, a établi trois lignes de stations radars pour détecter les avions militaires soviétiques susceptibles de menacer le territoire nord-américain. L’une de ces lignes, la Mid-Canada Line, longeait le 55e parallèle, à la limite de la Baie-James et du Nunavik. La station mise en place à Cape Jones (pointe Louis‑XIV) servait à relier les données récoltées vers le sud.

Cependant, la technologie utilisée par les stations radars devient bientôt désuète. Cette situation, combinée à des coûts d’entretien prohibitifs, mène à la fermeture des sites en 1964. Le paysage de la pointe Louis‑XIV s’est donc peu à peu assombri en raison de la présence de débris métalliques, de barils, de résidus de machinerie, d’équipement électrique, de bâtiments abandonnés et d’hydrocarbures contaminants qui menacent de provoquer un désastre écologique. Le nettoyage de la pointe ne sera amorcé que trente ans plus tard, soit de 1999 à 2002. Ce nettoyage bien sommaire, financé par les gouvernements provincial, fédéral et le Kativik Regional Government, s’est résumé à retirer le matériel dangereux pour l’environnement et la santé publique. Depuis, les communautés autochtones réclament un nettoyage complet du territoire.

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