Les sages-femmes de Puvirnituq

Le système de santé du Nunavik est, depuis plusieurs années, entièrement calqué sur celui des Blancs. Cependant, la communauté de Puvirnituq fait figure d’exception; en effet, le centre de santé Inuulitsivik est géré par un conseil où les sages-femmes ont la possibilité de siéger et de participer aux décisions au même titre que les médecins, dentistes et pharmaciens. Elles ont repris une place qu’elles avaient toujours eue auparavant dans l’environnement santé du Nord. Leur présence évite aux femmes inuites de devoir partir vers le sud à la fin d’une grossesse pour y accoucher, loin de leurs proches et de leurs points de repère, dans un environnement à la culture et à la langue différentes. Les sages-femmes ont été réintégrées au système de santé en 1986, lors de l’ouverture de la maternité du centre Inuulitsivik. 

Après un premier rendez-vous avec un médecin, les femmes enceintes qui ne souffrent d’aucune complication particulière sont prises en charge par une sage-femme pendant tout le suivi de grossesse, l’accouchement et le suivi postnatal, qui s’étend jusqu’à six semaines après l’arrivée du bébé. Les sages-femmes inuites sont davantage sensibilisées aux réalités des femmes de leur communauté, partagent la même langue et connaissent les coutumes et pratiques traditionnelles reliées à la grossesse et à l’accouchement, contrairement aux médecins venus d’ailleurs. La collaboration entre sages-femmes et médecins se fait harmonieusement. Les cas problématiques sont confiés aux médecins de façon naturelle, sans que cela soit perçu comme un échec de la part de la sage-femme. Les médecins, de leur côté, apprécient leur conception de la grossesse et de l’accouchement, et considèrent cette collaboration très positivement. Jusqu’à maintenant, le centre de santé de Puvirnituq a accueilli des femmes de tous les villages de la baie d’Hudson, pour un total d’environ 125 accouchements par an. Plusieurs communautés souhaiteraient avoir leur propre sage-femme au village, mais les médecins estiment trop élevés les facteurs de risque reliés à l’absence d’équipement hospitalier et de spécialistes.

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