Puvirnituq

Les habitants de Puvirnituq se répartissent majoritairement autour de la baie du même nom; il s’agit d’un vaste territoire qui se situe dans le Nunavik, au nord-ouest de Kuujjuaq et de la péninsule d’Ungava, le long des berges glacées des eaux arctiques. On y compte environ 1 700 Puvirniturmiut et la population est en nette croissance depuis quelques années. Environ la moitié de la population n’atteint pas 20 ans et le nombre moyen d’enfants par famille est de 5. On y accède uniquement par transport aérien, en l’occurrence Air Inuit.

Tout comme Kuujjuaq, Puvirnituq est un centre important sur les plans culturel et artistique. On y développe actuellement des projets de conservation de l’héritage traditionnel inuit, et les accouchements y sont pratiqués dans le respect des méthodes ancestrales.

Le village est entouré de nombreux lacs et rivières, dont la rivière Puvirnituq. Le territoire, où siègent les monts Puvirnituq, est bercé par un climat maritime. La zone côtière, quant à elle, est l’une des seules où les ours polaires mettent bas au Québec et où les cygnes siffleurs érigent leurs nids dans un paysage typique de la toundra. Au retour de la saison automnale, les caribous de la rivière aux Feuilles arrivent, par troupeaux, et se promènent autour du village.

La date exacte de la fondation de Puvirnituq demeure inconnue, mais dès 1898, le géologue Albert Peter Low note ses premières impressions des lieux entourant Puvirnituq. La Compagnie de la Baie d’Hudson, entre autres, y installe un poste de traite des fourrures vers 1912, près de l’emplacement actuel du village, mais elle clôt, en 1952, ceux des villages de Qikirtajuaq et de Kangirsuruaq, amenant les occupants de ces villages à rallier les Puvirniturmiut. Aussi, peu après 1956, le missionnaire catholique André Steinman encourage les artisans sculpteurs de Puvirnituq à s’associer en coopérative. Cette dernière poursuit encore, aujourd’hui,  ses activités au Nunavik.

Le nom de Puvirnituq, « là où il y a une odeur de viande putréfiée », puise ses origines dans deux sources : la première veut qu’en des temps immémoriaux, un troupeau de caribous se soit noyé dans la rivière Puvirnituq. Aussi, on raconte qu’une grave famine aurait emporté tous les Puvirniturmiut; ce destin tragique n’aurait laissé aucun survivant pour enterrer les corps, qui se seraient décomposés sur place. On donne également au village de Puvirnituq les noms de Kuuvaluk (« bruit des eaux tumultueuses ») et d’Amaamatisivik (« l’endroit où les femmes allaitent leurs bébés »).

Le village devient une municipalité en 1989, puis, en 1995, le nom Puvirnituq vient remplacer l’appellation ancienne de Povungnituk, cette dernière étant moins appropriée au système d’écriture de l’inuktitut. Par ailleurs, il n’y a que deux hôpitaux au Nunavik : le premier est à Kuujjuaq et le second, situé à Puvirnituq, comporte 25 lits et dessert une population de 7 500 Inuits, soit les habitants des communautés périphériques.

Les retombées du Centre de formation du Nunavik en survie arctique (NASTC), un organisme à but non lucratif, contribuent grandement à l’économie et à la renommée du village au Nunavik et même au Nunavut. On y valorise l’expertise des Inuits en milieux sauvages en enseignant la survie dans des conditions extrêmes. Touristes, militaires et secouristes s’y rassemblent pour apprendre les rudiments nécessaires à la vie nordique dans un milieu hostile et isolé. Les instructeurs doivent tous avoir fait leurs preuves en survivant en solitaire dans des conditions extrêmement difficiles. Les élèves du Centre développent leurs compétences en construction d’igloos, en méthodes de protection contre le froid, en écotourisme, en parachutisme et en plongée sous-marine, entre autres. Une fois diplômés, les finissants du Centre sont une source de fierté pour toute la communauté.

Puvirnituq accueille aussi aux deux ans le Festival des Neiges, qui attire des touristes et stimule l’économie tout en valorisant un savoir-faire inuit ancestral : sculptures sur glace, courses de traîneaux à chiens et construction d’igloos. Fidèles aux traditions des communautés nordiques, les femmes puvirniturmiut s’adonnent aux chants de gorge folkloriques en duo. Ces joutes vocales  rappellent les sons d’une mère berçant son bébé et les Inuites les chantaient lors des longues soirées d’hiver, alors que les hommes étaient partis à la chasse. Les textes de ces chants riches traitent souvent de l’histoire des familles inuites.

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