Rivière George

D’une longueur de 565 kilomètres, la rivière George est un cours d’eau majeur du Nord-du-Québec. D’une envergure de près de cinq kilomètres de large dans certains secteurs, l’important cours d’eau prend naissance dans quelques lacs – dont le lac Hubbard – situés au nord de Schefferville. La rivière George, qui se déverse dans plusieurs lacs sur son chemin, termine sa course dans la baie d’Ungava, entre le cap Naujaat et la pointe Elson. L’unique village niché sur son rivage est Kangiqsualujjuaq.

L’origine du nom « rivière George » lui vient de deux explorateurs, Benjamin Gottlieb Kohlmeister et George Kmoch, originaires de la Moravie, région de la République tchèque, venus à la rencontre des Inuits lors d’une mission d’évangélisation. Après avoir parcouru le Labrador et être remontés jusqu’à la baie d’Ungava, les deux missionnaires nomment, en 1811, la rivière George en l’honneur de George III, alors roi de Grande-Bretagne et d’Irlande. En 1838, on rapporte  la présence de l’explorateur John McLean dans la vallée de la rivière George. Travaillant pour le compte de la Compagnie de la Baie d’Hudson et cherchant un chemin commercial pour relier Fort-Chimo au lac Melville, il fait, durant cette expédition, la découverte des chutes Churchill.

La rivière George est connue sous plusieurs autres appellations. En inuktitut, elle est Kangisualujjuaq Kuunga, soit « rivière de la très grande baie ». On l’appelle en naskapi Mushuau Shipu, « rivière sans arbre », ou encore Metsheshu Shipu, « rivière à l’aigle », en innu. La majestueuse rivière George parcourt la toundra et présente des rapides et des cascades qui s'éparpillent sur des kilomètres. Son bassin, dont font partie les lacs de la Hutte Sauvage et aux Goélands, occupe une superficie de 41 700 kilomètres carrés et est d'ailleurs tout aussi imposant que son parcours.

Le fjord Alluviaq, près de la baie d’Ungava, et le point de départ de la rivière George constituent les limites du plateau de la George. Son sol est constitué de gneiss, de granites archéens et de pergélisol. C’est sur ce plateau qu’on peut observer, chaque année durant la saison printanière, des rassemblements considérables de caribous, venus donner naissance à leurs petits. 

Le harfang des neiges et le lagopède fréquentent les environs de la rivière George, riches de divers types de végétation, tandis que le saumon de l’Atlantique, l’omble chevalier, l‘omble de fontaine et le touladi abondent dans le cours d’eau. Plus au sud, elle sillonne la forêt boréale, pénètre ensuite la toundra subarctique pour terminer sa course dans la toundra arctique, au nord. Quelques vallées de la George abritent des arbres, protégés de la violence des vents. Quant aux côtes riveraines qui s'étendent jusqu’à Kangiqsualujjuaq, elles accueillent quelques rares résineux.

La vallée de la rivière George comporte des richesses naturelles intéressantes d’un point de vue économique. Elle abrite des forêts bien garnies au sud, en plus d'un sous-sol riche et d'un potentiel hydroélectrique certain. Une zone de 9 200 kilomètres carrés – incluant le projet de parc national des Monts-Pyramides – est toutefois protégée depuis 2008 par les instances gouvernementales québécoises, qui désirent la garder à l’état sauvage. 

Sur le plan historique, des recherches ont entre autres permis de démontrer que, depuis des siècles, les berges de la rivière George et de ses affluents ont été utiles aux Inuits pour la chasse au caribou et le trappage du renard, tout comme elles leur servaient de routes pour pénétrer plus loin à l’intérieur du territoire.

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