Salluit

Constitué légalement en municipalité en 1979, le village de Salluit se situe sur les rives d’un fjord du même nom, qui s’ouvre sur le détroit d’Hudson. Seconde localité la plus septentrionale du Québec après Ivujivik, près de 1350 Sallumiut – gentilé de l’endroit – y vivent, dont les deux tiers ont moins de 25 ans. Comme Salluit se trouve à mi-chemin des agglomérations des rives de la baie d’Hudson et de la côte de l’Ungava, l’endroit sert de lieu de rencontre privilégié pour les 14 communautés du Nunavik.

Le nom du village signifie « les gens minces ». Une légende veut que des Inuits soient venus s’installer dans la région, croyant les dires selon lesquels on y trouvait des animaux sauvages en grande quantité pour s’alimenter. Une fois sur place, ils constatèrent que la nourriture était en réalité plutôt rare  et souffrirent de famine.

À en juger par la faune et les ressources qui abondent dans ses environs, Salluit porte mal son nom! Les eaux du fjord regorgent d’ombles chevaliers et de mollusques comme les myes et les moules. Une grande diversité de plantes arctiques pousse dans la région.

Les Dorsétiens, aussi appelés Tuniit, auraient occupé le territoire de Salluit entre 800 ans avant J.-C. et  l’an 1000 de notre ère, selon des fouilles archéologiques menées sur trois sites nommés Keataina, Tyara et Toonoo. Une sculpture d’ivoire de 2 centimètres, ayant la forme d’un masque miniature (le masque de Sugluk), a entre autres été découverte sur le site de Tyara. Elle daterait de l’an 400 avant J.- C.

Au fil du temps, le nombre grandissant de services sur le territoire, dont une école gérée par Ottawa, attire les Inuits, qui se sédentarisent peu à peu. Les premières maisons de bois de Salluit sont construites à partir de 1959. Toutefois, comme le village est édifié sur une zone de pergélisol – le sol y était, à l’époque, gelé en permanence –, aménager  des canalisations pour l’eau ou un réseau d’égout souterrain est irréalisable.   

En 1975, les Sallumiut refusent à 49 % de ratifier la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, à l’instar des habitants de Puvirnituq et d’Ivujivik, continuant ainsi à revendiquer leurs droits territoriaux au gouvernement du Québec.

Les changements climatiques se font sentir dans la communauté de Salluit, où la fonte du pergélisol de plus en plus préoccupante fragilise les infrastructures et provoque des glissements de terrain. D’importants glissements survenus en 1998 ont nécessité le déplacement de 17 maisons. Par ailleurs, la situation géographique de Salluit, entouré de montagnes, limite l’expansion démographique de la municipalité, comme les terrains disponibles pour la construction de nouveaux bâtiments sont restreints. Cent vingt-cinq habitations supplémentaires seraient nécessaires pour accommoder la population du village.

Des recherches sur le pergélisol sont par ailleurs menées à Salluit afin de déterminer l’impact des changements climatiques sur la croissance de la collectivité.

Le soleil de minuit, attribuable à l’inclinaison de la Terre et visible dans les territoires nordiques situés au-delà de 66° de latitude Nord, correspond à une période d’ensoleillement continu de  24 heures. Le phénomène peut toutefois être observé dans des régions plus méridionales. Voilà pourquoi, au Nunavik, le soleil de minuit se couche… à 23 h! En effet, le 21 juin, à Salluit, le soleil se lève à 3 h du matin et se couche à 23 h. Le « jour » a donc une durée de 20 heures (sur 24). À L’inverse, au cours de la journée la plus brève de l’année, soit le 21 décembre, le soleil se lève à 9 h 40 et disparaît seulement 5 heures plus tard, à 14 h 40.

L’auteure-compositrice-interprète Elisapie Isaac a écrit une chanson qui porte le nom de Salluit, où elle a vu le jour.

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