Tourisme, chasse et pêche

Le tourisme nordique ou polaire ainsi que l’écotourisme d’aventure se développent de plus en plus au Québec, nourris par une volonté d’autonomie économique des autochtones. Le tourisme d’hiver favorise la promotion de l’identité culturelle autochtone par le partage des traditions propres aux communautés nordiques, qui possèdent un savoir-faire unique, adapté aux conditions du Nord. Le développement de ce type de tourisme reçoit la collaboration des conseils de bande qui, bien souvent, s’impliquent et s’associent aux gens de l’industrie. Faisant partie intégrante du processus, les Inuits, par exemple, privilégient la fondation de coopératives pour permettre à la communauté d’être plus stable économiquement. L’organisation en mode coopératif leur donne l’occasion de mettre en place des stratégies commerciales plus élaborées et mieux organisées grâce, en partie, à l’expertise contributive de Tourisme Autochtone Québec.

Les activités touristiques de la région abondent, tributaires des paysages et des climats variés du Nord québécois. Parmi les activités les plus prisées par les touristes, on note, entre autres, la visite du barrage Daniel-Johnson, dans la région de Manicouagan, ou du cratère des Pingualuit, au cœur de la toundra au Nunavik, le ski hors-piste dans les monts Groulx, la randonnée dans les monts Pyramides, près du lac Tasirlaq, ou encore un séjour à Oujé-Bougoumou, un village autochtone à la fois traditionnel et moderne. La route des baleines, près de Havre-Saint-Pierre et de l’archipel de Mingan, est également populaire, sans oublier les sentiers de motoneige de Chibougamau, la pêche au cœur du plateau de la rivière George, le festival culturel de l’île de Fort George à Chisasibi ou encore les expéditions polaires dans les contrées vierges du Nunavik. On remarque que les touristes s’intéressent de plus en plus au potentiel unique et sauvage du Nord, qui est vu comme une destination authentique. Le développement touristique nordique demeure toutefois dépendant des enjeux liés aux contraintes d’accessibilité et d’infrastructures d’accueil.

On constate que les activités qui valorisent le savoir-faire traditionnel autochtone sont le premier choix des touristes, suivies par des vacances ou des expéditions qui favorisent la découverte et l’histoire des peuples autochtones. L’exploration du territoire, aussi très populaire, vient en troisième place. Actuellement, la majorité des communautés autochtones élaborent des plans touristiques afin de partager leur connaissance du territoire, de la chasse et de la pêche, activités intrinsèques de leur identité, emboîtant ainsi le pas au tourisme autochtone d’autres pays, comme la Scandinavie, déjà bien organisé.

Au Québec, le tourisme autochtone accueille 58 % des visiteurs d’ici, ce qui crée de l’emploi pour 3 400 travailleurs, saisonniers pour la grande majorité. Plus on se déplace au Nord, moins il y a d’achalandage : chaque année, on compte environ 240 000 touristes autour de Manicouagan, 2 000 sur les terres Eeyou Istchee et environ 1 000 se rendent jusqu’au Nunavik, une destination de luxe. Au nord du 49e parallèle, on trouve environ 190 des 628 pourvoiries du Québec. L’ensemble de ces activités engendre des sommes avoisinant les 84 millions de dollars annuellement.

Le Nord constitue une aire de chasse prisée des touristes en raison de ses nombreuses pourvoiries. Certaines sont exclusives aux autochtones, alors que d’autres sont des territoires réservés, comme c’est le cas, notamment, pour les immenses réserves fauniques des Lacs-Albanel-Mistassini-et-Waconichi et Assinica, où il est interdit de chasser, mais permis de pêcher.

Les vastes territoires sauvages du Nord sont bien organisés pour la pêche d’espèces comme la truite rouge, la truite grise, le doré jaune, l’omble de fontaine, le touladi et le brochet. À certains endroits comme la Baie-James, on peut également pêcher sur la glace en saison hivernale. Fermont est également reconnu pour cette activité.

La Convention de la Baie-James et du Nord québécois classifie certaines zones exclusives aux autochtones. Dans les zones de catégories I et II, seuls les autochtones peuvent s’adonner à la chasse et à la pêche, à moins d’obtenir un permis auprès des élus de la communauté autochtone. En ce qui concerne la zone de la catégorie III, on peut s’y adonner à la pêche et à la chasse, sauf en ce qui a trait aux animaux à fourrure.

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