Transports nordiques

Accéder au Nord devient de plus en plus important en ces temps de développement minier. Se rendre à la Côte-Nord, en Jamésie-Eeyou Istchee, au Nunavik ou à Schefferville, endroits éloignés du reste du Québec, peut représenter un défi de taille et engendrer des coûts faramineux. 

Le Nord constitue un vaste espace à couvrir; pourtant, entre les villages, il n’y a pas toujours de réseaux de transports. Il arrive que le kayak, le canot, le ski, la motoneige ou le traîneau à chiens soient les seules options disponibles, sur des centaines de kilomètres, pour se déplacer.

Il y a 27 aéroports dans le Nord-du-Québec, dont 14 au Nunavik. Une douzaine de ceux-ci ont été implantés lors des accords de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois. Les deux autres sont des aéroports anciennement militaires. Tous ces aéroports sont fonctionnels en toute saison, bien que quelques interruptions dues aux intempéries puissent survenir.

Desservant la population du Nunavik, la compagnie aérienne Air Inuit ainsi que First Air lient la région au sud. Air Creebec, une compagnie appartenant aux Cris d’Eeyou Istchee, se rend à la baie James, Air Labrador, à la Basse-Côte-Nord et Air Canada, à Sept-Îles et Val-d’Or. Le transport aérien est au cœur du développement économique des Inuits du Nunavik, car c’est le lien qui les unit au reste du Québec, en dépit de la distance qui les sépare.

Par ailleurs, les routes du Nord sillonnent le territoire sur plus de 3 000 kilomètres. Plusieurs ont été construites dans les années 70 et 80 pour soutenir le développement hydroélectrique. Ce réseau routier a joué un rôle essentiel pour l’accès aux chantiers des travailleurs et de la machinerie.

La route Transtaïga, toute de gravier, permet de parcourir 700 kilomètres sur l’axe est-ouest. On n’y rencontre aucune ville, seulement des camps de travailleurs, des épinettes, des collines basses, des oiseaux et des animaux, car elle a été aménagée pour desservir le complexe La Grande. La Transtaïga, au relief accidenté, s’achève au réservoir de la Caniapiscau. En raison de ces conditions ardues et aussi parce que les cellulaires n’y fonctionnent pas, un pneu crevé peut créer beaucoup d’émoi dans cette zone éloignée.

Autre chemin majeur du Nord, la route de la Baie-James est bien entretenue et pavée très solidement, ce qui permet aux véhicules lourds, même ceux de 500 tonnes, de la parcourir. Elle prolonge la route 109 et elle permet de se rendre à Waskaganish, Eastmain, Wemindji et Chisasibi, entre autres. À mesure qu’on monte vers le nord, on y rencontre de moins en moins d’arbustes et de montagnes et, finalement, on n’y retrouve que des plaines de lichens.

Quant à la route 389, couvrant 570 kilomètres, elle est également ouverte toutes les saisons et part de Baie-Comeau pour se rendre jusqu’à la frontière du Labrador, croisant au passage la rivière Manicouagan, les monts Groulx, Gagnon et Fermont.

Certains lieux reculés ne sont, par contre, accessibles que par train. Les trains de Transport Ferroviaire Tshiuetin inc., que possèdent trois communautés autochtones, se rendent de Sept-Îles à Schefferville; les wagons accueillent les passagers autant que les cargaisons. Le Canadien National (CN) permet aussi d’accéder à quelques emplacements éloignés du Nord québécois.

Il est aussi possible de voyager dans le Nord par bateau de Havre-Saint-Pierre à Blanc-Sablon; un transporteur maritime  dessert plusieurs villes, dont Natashquan, Harrington Harbour et Tête-à-la-Baleine, entre autres. Les personnes et les marchandises y prennent place. Les vivres, les matériaux et le diésel, des denrées essentielles pour assurer le fonctionnement des villages du Nord, coûteraient trop cher par transport aérien; c’est pourquoi on les expédie par la mer. Le Saint-Laurent et les océans Arctique et Atlantique, autant que les baies d’Hudson et James, sont des routes maritimes empruntées pour les cargaisons qui se dirigent vers le Nunavik, voies utilisables que pendant l’été et une partie de l’automne, du 1er juillet au 1er novembre, alors que les conditions y sont propices.

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